.png)

Le 6 mars 2026, le ministère du Travail a transmis aux partenaires sociaux une première version du projet de loi de transposition de la directive européenne sur la transparence salariale.
Le texte comporte 9 articles sur 18 pages. Une dernière réunion de concertation est prévue le 19 mars, avant présentation au Parlement.
En dehors du calendrier final qui n'est pas encore communiqué, le texte a précisé les principales obligations suivantes :
C’est la mesure la plus structurante.
La loi impose de regrouper l’ensemble des salariés dans des catégories de travail de valeur égale, c’est-à-dire des postes comparables en termes de compétences, responsabilités et conditions de travail (Article 5).
Cette catégorisation pourra être définie :
Les branches devront engager leurs négociations avant le 31 décembre 2026.
Cette étape est déterminante : sans catégorisation des emplois, il devient impossible de calculer les indicateurs, mesurer les écarts ou répondre aux demandes individuelles des salariés.
L’Index Égapro actuel sera remplacé par 7 indicateurs, dont la liste précise sera fixée par décret.
Le principal indicateur sera l’écart de rémunération femmes-hommes par catégorie de travail de valeur égale (Article L.1142-7).
Il n’existe pas aujourd’hui dans l’index actuel.
La périodicité de déclaration dépendra de la taille de l’entreprise :
Les résultats devront être communiqués aux salariés et au CSE, tandis que certains indicateurs seront publiés par le ministère du Travail.
C’est l’une des évolutions les plus sensibles pour les entreprises.
Aujourd’hui, le salarié doit apporter des éléments laissant supposer une discrimination.
Avec la directive, la charge de la preuve se déplace davantage vers l’employeur.
Deux situations sont prévues :
Sans données documentées et traçables, se défendre devient particulièrement difficile.
Chaque salarié pourra demander à son employeur :
L’employeur devra répondre dans un délai fixé par décret et informer chaque année les salariés de l’existence de ce droit.
Ce mécanisme entrera en vigueur dès la mise en place de la catégorisation des emplois.
Dès la promulgation de la loi, toute offre d’emploi devra mentionner :
Il sera également interdit de demander aux candidats leur historique salarial.
Cette obligation est simple à mettre en place, mais suppose d’avoir une politique de rémunération formalisée par poste.
Les sanctions prévues
Le texte prévoit plusieurs niveaux de sanctions :
Toutes ces obligations reposent sur un même prérequis : des données RH fiables, structurées et traçables.
Les entreprises qui traiteront ce sujet uniquement comme un projet juridique ou social prendront rapidement du retard.
C’est avant tout un projet de structuration des données RH.
1. Auditer la qualité des données de paie
Avant tout calcul réglementaire, il est indispensable d’évaluer la qualité de vos données :
Un socle data fragile conduit à des indicateurs erronés et à une conformité trompe-l’œil.
2. Construire la catégorisation des emplois
C’est généralement l’étape la plus longue.
Elle consiste à regrouper les postes comparables en appliquant les critères prévus par la loi : compétences, responsabilités et conditions de travail.
Les entreprises peuvent s’appuyer sur :
3. Calculer les indicateurs et identifier les zones de risque
Une fois la catégorisation définie, il est possible de calculer les indicateurs afin d’identifier les écarts potentiels.
L’objectif n’est pas seulement d’obtenir un bon score, mais de repérer les catégories à risque avant toute obligation de publication.
4. Analyser les écarts et préparer les corrections
Si un écart dépasse le seuil fixé par décret, plusieurs étapes sont prévues :
Les entreprises devront arbitrer entre coût de correction et risque de pénalité.
5. Documenter et piloter dans la durée
La transparence salariale n’est pas un projet ponctuel.
Elle implique un pilotage régulier :
La transparence salariale repose avant tout sur un socle solide de données RH fiables et structurées.
Avant d’engager les travaux de catégorisation des emplois ou de calcul des indicateurs, la première étape consiste souvent à évaluer la qualité de ses données de paie et de classification.
Chez Staffdesk, nous accompagnons les entreprises pour se préparer et se mettre en conformité avec ces nouvelles obligations : audit des données RH, calcul des indicateurs réglementaires et identification des écarts de rémunération.
Vous souhaitez évaluer votre niveau de préparation ?
Nous proposons un diagnostic data RH gratuit pour les entreprises de 100 à 1500 salariés.
